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Kyoto – Randonnée de Kibune à Kurama

By Le Peuple d'A Côté | Japon | 0 comment | 28 août, 2025 | 0
Cryptomeria japonica

À 20 kms au nord de Kyoto, la randonnée de Kibune à Kurama offre de belles surprises. Du centre de Kyoto, on peut prendre le train keihan Main Line jusqu’à la station Demachiyanagi, cette dernière nous dévoile une fresque en ‘rouleau d’images’ relatant le festival Aoi, ou festival Kamo, qui se déroule le 15 mai de chaque année. Ce festival retrace une scène du pouvoir impérial à l’époque Heian (794-1185), mais il faut remonter à l’époque de l’empereur Kimmei (509-571) pour en trouver l’origine : en effet, de mauvaises récoltes poussèrent Kimmei à ordonner à la prétresse du sanctuaire Kamigamo de faire une prière au dieu du tonnerre, il envoya même un cavalier équipé pour galoper avec des cloches, Kamo entendit la prière, et à nouveau les moissons furent abondantes. Le sanctuaire Kamigamo accueille encore toute l’année des fermiers venant prier pour obtenir de bonnes récoltes.
Actuellement, le défilé comporte 500 personnes en tenues aristocratiques qui pourraient donc représenter les aristocrates de l’empereur Kimmei, il y a aussi un messager à cheval muni d’une épée d’or, et une jeune fille (célibataire) représentant la grande prêtresse nommée Saio, vêtue d’un kimono de 30 kgs, des charrues sont tirées par des bœufs ; le cortège part du Palais impérial, traverse la rivière Kamo-gawa en direction du sanctuaire Shimogamo dédié à la mère de Kamo Wakeikazuchi, le dieu du tonnerre, et au père de sa mère, et enfin se dirige vers le sanctuaire Kamigamo dédié à Kamo.
Ce festival est aussi appelé Aoi Matsuri du fait que les vêtements des participants sont ornés de feuilles de Aoi, symbole de protection contre les catastrophes naturelles, mais quelle plante est Aoi ? Là, tout se complique, car ce nom peut se traduire par rose trémière ou gingembre sauvage ; en fait, le motif Aoi est depuis fort longtemps très prisé par les Japonais, c’était d’ailleurs l’emblème du clan Tokugawa, il représente non pas les feuilles de rose trémière mais celles en cœur de l’asaret à tige distincte, Asarum caulescens, une plante dont le rhizome a le goût du gingembre !

Le pont de la rivière Kamo-gawa me fait penser à la gravure sur bois du célèbre dessinateur Hiroshige (1797-1858) intitulée ‘Averse soudaine sur le pont Ohashi et Atake’, gravure qui inspira Van Gogh.
Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, les Japonais s’abritent toujours sous un parapluie !

Pont Kamo-gawa
Pont Ohashi et Atake selon Van Gogh

À la gare Demachiyanagi, nous avons pris la superbe ligne Keihan Eizan Railway, direction Kibunegushi et Kurama, qui traverse une forêt de montagnes avec le train panoramique Kirara aux sièges appropriés pour admirer la nature.

Gare Demachiyanagi
Train Kirara de la ligne Keihan Eizan Railway

Puis une navette nous a emmenés à Kibune où nous souhaitions déjeuner. C’était un week-end de juillet et il y avait foule pour trouver une place dans les restaurants bondés qui sont accolés de part et d’autre de la petite route séparant la montagne de la rivière Kibune-gawa. Il nous a fallu monter au plus haut de l’unique rue de cet étrange village vertical, mais nous n’avons pas été déçus en expérimentant un kawadoko, un ponton qui enjambe la rivière entre deux cascades : un délice de fraîcheur au cœur de la fournaise estivale, un délice aussi pour les papilles, un peu cher mais l’ambiance et le repas valaient bien cela.

Sushis à la viande

La visite du sanctuaire Kifune dédié au dieu de l’eau se fait après avoir gravi 84 marches, mais nous ne nous sommes pas attardés afin de faire tranquillement la randonnée.

Le sanctuaire arrière, Okumiya-jinja, ancien bâtiment principal de Kifune, est le lieu spirituel d’un mariage harmonieux, d’ailleurs, comme pour le confirmer, se trouvent en contrebas de ce sanctuaire, le long de la route, deux ‘cèdres’, en fait des  Cryptomeria japonica, dont les deux énormes troncs sont unis à leur base ; ces arbres sacrés, nommés Aioi-no-suji, seraient âgés de 1000 ans, il est écrit sur une pancarte que « Aioi est lié à Aioro, ce qui signifie une longue vie pour le mari et la femme ».
En fait, ces deux ‘cèdres’ ne seraient pas issus d’une racine commune, mais avec le temps, leurs troncs se seraient accolés, beau symbole.

Cryptomeria japonica

La randonnée de Kibune jusqu’au mont Kurama est assez rude avec la montée de nombreuses marches sous la chaleur, mais le spectacle de la forêt de ‘cèdres’ centenaires, des sanctuaires et oratoires qui jalonnent le sentier, méritent vraiment cet effort, grandement récompensé aussi par l’arrivée au temple Kurama-dera, sur le versant sud ; ce temple fut fondé en 770 par le moine Gantei de l’école bouddhique Tendai, il fut longtemps subordonné au temple Shôren-ji à Higashiyama. Le bâtiment principal fut reconstruit en 1971.

Ce temple est réputé pour son atmosphère spirituelle unique, son énergie la plus puissante de Kyoto, qui, selon les légendes, seraient dues aux Esprits de la montagne. Cette atmosphère vient aussi d’un mélange de bouddhisme, de shintoïsme, et de croyances cosmiques ; en effet, Kurama-dera est désormais dédié à la Trinité de Sonten, une triade composée de :
. Bishamon-Ten, Vaisravana, le protecteur du Nord, protecteur de la Loi bouddhique, mais considéré par le shinto comme un des kami de la guerre, c’est aussi un symbole de bonne fortune et de lumière.
. Kannon, divinité de la compassion, de l’amour, bodhisattva qui entend les cris du monde.

. Gohô Mao-son (ou Mao-den), le grand roi conquérant des démons et des esprits de la terre, l’Esprit venu de l’Univers, il y a 6,5 millions d’années, pour guider l’humanité, certains avancent qu’il serait venu de Vénus. Il est relié aux Tengu qui peuplent la montagne.
En montant de Kibune, on peut voir un sanctuaire dédié à Mao-Son.

À Kurama-dera, on retrouve aussi la représentation de Jizô, le bodhisattva Ksitigarbha, protecteur des enfants et des êtres en enfer.

Les portes du bâtiment principal ne sont pas toujours ouvertes, mais nous avons eu la chance d’arriver à l’heure d’une cérémonie à laquelle nous étions invités à assister. Dans le Honden résonnait le Sûtra du coeur, le mantra universel de toutes les lignées bouddhiques, l’Hannya Shyngyo ; ce chant par ses vibrations confirmait le statut hautement spirituel de ce lieu.

Entrée du Honden de Kumara-dera, et son encensoir, jokoro

Le temple est protégé par le tigre, le messager de la divinité Bishamon-Ten qui selon la légende serait venue à Kurama sur le dos d’un tigre, à l’heure, jour, et mois du tigre, selon le calendrier lunaire chinois. Ces tigres sont appelés A-Un (Om), la première et la dernière lettres de l’alphabet sanskrit, symbole du début et de la fin de toute vie. On retrouve cette symbolique chez les gardiens chiens-lions, les Komainu.

Tigre A

Traditionnellement, on retrouve un chôzuya, une fontaine purificatrice, cette dernière est agrémentée d’un dragon.

Du temple, la descente vers Kurama offre une vue imprenable sur les montagnes.

En redescendant, on passe près du sanctuaire en bois Yuki-jinja, sanctuaire gardien de Kurama-dera, et de son arbre sacré de 53 m, âgé de 800 ans.
On reconnaît les arbres sacrés, les shinboku, par la corde, shimenawa, qui entoure leur tronc, celle-ci ornée de bandes de papier, gohei, qui, selon les rituels shintoïstes, révèle la présence de kami, des esprits ; un gohei est constitué de deux bandes de papier plié, il est censé repousser les esprits malveillants, et faire le lien entre le monde physique et spirituel, représenté par les plis.

Arbre sacré, shinboku, avec la corde, shimenawa, ornée de bandes de papier, gohei

Que l’on sorte ou que l’on rentre dans la montagne Kurama, on passe par la porte de Niô-mon qui, comme un tori, symbolise l’entrée du monde profane vers un lieu sacré. Elle fut reconstruite en 1911.

Porte d’entrée Niô-mon de Kurama vers Kibune

Devant la gare, le grand et le plus puissant Tengu, le roi Sôjôbô, créature protectrice de ce lieu dont ce serait la terre d’origine, nous souhaite la bienvenue, même s’il n’a pas l’air bien aimable. Les Tengu sont des créatures légendaires du folklore japonais ; malgrè leur rôle protecteur, ils peuvent aussi être dangereux. Leur long nez évoque le bec dont ils étaient représentés autrefois.

Japon, juillet 2025.

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