Ginkaku-ji, Temple d’argent

Le temple d’argent, Jisho-ji, plus connu sous le nom de Ginkaku-ji, est situé dans l’arrondissement Sakyô-ku à Kyoto, à la sortie nord du Chemin du philosophe.
Il fut construit en 1482 par le shogun Ashikaga Yoshimasa comme villa de retraite inspirée par le pavillon d’or, Kinkaku-ji, construit par son grand-père ; plus tard Yoshimasa devint moine sous le nom de Jisho ; à sa mort, le temple devint bouddhiste de la branche Rinzai, sous le nom de son fondateur. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994.
Plusieurs bâtiments constituent ce temple, toutefois on ne peut pas en visiter les intérieurs, mais leur esthétique extérieure et les différents jardins méritent amplement leurs découvertes.
Le bâtiment principal du temple, le Kannon-den, ne fut jamais couvert d’argent, car sa construction finale aurait été interrompue par une guerre, mais sa simplicité augmente son authenticité.

Le Togu-do est un bâtiment construit en 1486 ; il aurait servi de salle d’étude et de méditation pour Yoshimasa ; à l’heure actuelle, il y aurait une statue de Yoshimasa, et cette salle serait consacrée à la cérémonie du thé.

Il est raconté que lors de la suspension de construction, les ouvriers auraient laissé un tas de sable que l’on peut, à l’heure actuelle, encore découvrir ; ce tas de sable, Kô getsudai, symboliserait le mont Fuji. Ce n’est qu’au XVIe siècle qu’il aurait été créé, ainsi que la mer de sable.
Poètiquement, il est dit que « ce cône reflète la lumière de la lune pour illuminer le temple d’argent ».

Le plus remarquable est le jardin sec, Ginshadan, la mer de sable argent, influencé par l’esthétique minimaliste du bouddhisme zen ; il aurait été conçu sur le modèle du célèbre Lac de l’Ouest de la ville de Hangzhou en Chine ?

Le jardin végétal propose différents aspects : des arbres magnifiques, une forêt de mousses, une de bambous…



L’été, la chaleur est impitoyable, et heureusement les jardiniers travaillent avec des blousons climatisés.

Mont Daimonji-yama
En sortant sur la droite du temple Ginkaku, il est agréable de prendre une petite route qui se poursuit par un sentier menant à travers une agréable forêt jusqu’au mont Daimonji-yama. Cette petite randonnée rappelle, comme toutes les randonnées du Japon, que ce pays est constitué de collines, de monts, de montagnes, et que partout il faut gravir des marches, des escaliers parfois interminables.

Au départ de la randonnée, on trouve les sempiternels distributeurs automatiques de boissons, toutefois la chaleur estivale donne à ces objets contemporains une vraie utilité ; au Japon, les distributeurs automatiques sont omniprésents, et proposent aussi bien boissons que gadgets inutiles, ils sont très prisés, et leurs propiétaires doivent faire fortune !

L’ascension du mont est récompensée par un magnifique panorama sur Kyoto, qu’il fasse beau ou pas.

Quartier historique de Gion
Au sud du Chemin du philosophe, on découvre un quartier résidentiel.
Puis, apparaît l’incroyable statue de Kannon, déesse de la miséricorde, qui domine du haut de ses 24 m. Elle fait partie du temple bouddhiste Ryozen Kannon fondé en 1955 comme mémorial de la guerre du Pacifique.

Hélas, nous n’avons pas visité l’immense sanctuaire shintoïste Yasaka-jinja, et nous n’avons qu’aperçu la salle de danses et ses lanternes.

En revanche, nous nous sommes imprégnés de l’atmosphère du vieux quartier historique Higashiyama-ku, de ses maisons restaurées à l’ancienne, de ses ruelles au charme certain ; toutefois ce quartier un peu trop propret est envahi par les boutiques pour touristes.


Dans ce quartier trône la pagode Yasaka, 八坂の塔, la dernière structure restante du temple Hokan-ji de l’école bouddhique zen Rinzai ; elle aurait été construite au VIe ou VIIe siècle, mais elle subit de nombreuses destructions, et fut rebâtit dans l’état actuel en 1440. Elle mesure 46 m avec 5 étages correspondant aux 5 éléments : terre, monde physique – eau, mouvement, adaptabilité – feu, passion et transformation – air, communication, liberté – vide, illumination, infini.
Elle abrite les cinq grands bouddhas de la sagesse représentés par des sculptures et des peintures murales.
Le nom Bouddha devient Nyorai au Japon, Tathagata en Inde, ces termes désignant une personne ayant atteint l’illumination, l’état religieux le plus élevé. Selon les courants religieux, Shaka Nyorai, Gautama Shakyamuni, le bouddha historique peut être représenté par cinq aspects, cinq bouddhas : Ashuku Nyorai, Akshobhya (l’Est), c’est la sagesse réfléchissante qui voit les choses telles qu’elles sont – Amida Nyorai, Amittâbha (l’Ouest), c’est le bouddha de la terre pure, délivrée de la souffrance – Dainichi Nyorai, Vairocana (le Centre), c’est la lumière, le soleil – Fukû Jôju Nyorai, Amoghasiddhi (le Nord), c’est le dépassement du karma, de l’envie – Hôshô Nyorai, Ratnasambhava (le Sud), c’est le dépassement de l’orgueil et de la vanité.
Au soleil couchant, les très nombreux touristes se ruent vers la pagode, et deviennent de véritables paparazzis, mais il faut bien avouer que le spectacle est grandiose.

Japon, juillet 2025.
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