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Bambous

Décriés pour leur côté invasif, sacrés pour leurs multiples utilisations, leur beauté, et leur symbolisme, les bambous représentent une des meilleures plantes pour l’avenir de la planète.

 

Classification

Contrairement aux autres plantes à fleurs, les angiospermes, classifiées surtout en fonction de leurs fleurs, les bambous fleurissant rarement l’ont tout d’abord été en fonction de leurs morphologies aérienne et souterraine.
On peut trouver des descriptions de bambous dans des ouvrages chinois très anciens, mais on doit la première description botanique moderne d’un bambou chinois, Arundo multiplex (Arundo signifie roseau) reclassé en Bambusa multiplex, au botaniste autodidacte portugais João de Loureiro (1717-1791) en 1790 ; le botaniste autrichien/russe Franz Josef Ruprecht (1814-1870) fut le premier à écrire une monographie sur les bambous en 1839 d’après l’herbier du botaniste allemand Willdenow (1765-1812), puis une 2ème monographie parue sur le sujet en 1868 par le spécialiste des graminées, le botaniste britannique William Munro (1818-1880). D’autres botanistes du XIXe siècle comme Sielbold, Rivière et Camus participèrent grandement à leurs descriptions, mais on doit de nombreuses avancées taxonomiques à Thomas Robert Soderstrom (1936-1987), un botaniste agrostologue américain (l’agrostologie, appelée aussi graminologie, est l’étude scientifique des graminées) ainsi qu’à la botaniste argentine Cleofé Elsa Calderon (1929-2007), spécialiste des graminées.
Les bambous sont classés dans la famille des Poaceae, les graminées telles le blé, l’avoine, le riz, la canne à sucre…, famille regroupant des plantes monocotylédones (voir l’article sur les Monocotylédones  ), et de la sous-famille des Bambusoideae comportant environ 125 genres (variable selon les sources) avec 1 500 à plus de 1 600 espèces, (600 à 700 en Asie), réparties dans 3 tribus : Bambuseae (73 genres de ligneux tropicaux) – Arundinarieae (31 genres de ligneux tempérés) – Olyreae (21 genres d’herbacées tropicales, groupe frère des Bambuseae), les tribus sont elles-mêmes divisées en sous-tribus.
La sous-famille des Bambusoideae est proche de celle des Pooideae regroupant de nombreuses plantes cultivées telles le blé, l’avoine, l’orge, le seigle…
Les Poaceae forment la cinquième plus grande famille d’angiospermes par le nombre d’espèces qui recouvrent presque la moitié du globe terrestre, et fournissent l’alimentation de base des humains. Généralement les membres de cette famille sont des herbes, mais les bambous développent aussi des espèces ligneuses (aspect du bois contenant de la lignine), sans autant pouvoir se comparer aux arbres, en effet leurs tiges ne produisent pas de bois chaque année ; les bambous sont donc des herbes.

Rakusai, parc forestier de bambous de la ville de Kyoto

Origines

L’origine des bambous est inconnue, leurs plus anciens parents seraient apparus il y a des millions d’années, plusieurs estimations tendent vers 70 millions d’années, mais aucune certitude. La Chine serait principalement le berceau du bambou, d’ailleurs elle compte presque 40 genres et plus de 500 espèces !
On les trouve naturellement en régions tropicales, subtropicales, mais aussi tempérées, hormis l’Europe et le Canada, toutefois avant les dernières grandes glaciations le bambou était présent en Europe, en atteste la découverte de feuilles fossilisées d’espèces anciennes : Bambusa ilinskiae et Bambusa lugunensis.
Les bambous sont particulièrement abondants en Asie (Sud et Sud-Est) et en Amérique latine, mais on en trouve aussi au sud-est des USA avec l’unique genre Arundinaria et ses 3 espèces, et moins d’une vingtaine d’espèces en Afrique, et une trentaine à Madagascar.

Musée du bambou de Kyoto – Chikurin Park

Découvertes et Introductions

Les Portugais ont découvert et fait connaître les bambous aux Européens, et les auraient introduits en Espagne au XVIe siècle. Vers 1770, aurait été introduit le premier petit bambou américain, Arundinaria tecta (2m), mais c’est surtout à partir de la moitié du XIXe siècle que les bambous asiatiques furent introduits en Europe, et le premier serait le bambou noir, Phyllostachys nigra, introduit vers 1823 par des plants envoyés au botaniste et horticulteur britannique Conrad Loddiges (1738-1826).
En Europe, on doit particulièrement la connaissance, l’acclimatation et la propagation de nombreuses espèces de bambous à l’horticulteur et botaniste belge Jean Houzeau de Lehaie (1867-1959).
L’introduction des bambous en France est surtout une histoire de passion, et la création de la Bambouseraie d’Anduze dans le Gard, en 1856, par Eugène Mazel en est la plus belle illustration ; Mazel fit d’abord des tentatives d’acclimatation sur la Côte d’Azur, mais le climat trop sec ne convenant qu’à certaines rares espèces, il s’orienta vers le Gard, une région chaude mais aussi suffisamment pluvieuse.

Bambouseraie d’Anduze dans le Gard (30)

Noms

– Gramineae : nom issu du latin gramen faisant référence à l’herbe, au gazon, à la verdure. Au XVIIIe siècle, Antoine Laurent de Jussieu l’avait utilisé pour déterminer une famille de monocotylèdones qui regroupait des herbes, mais aussi des Cyperaceae et des Juncaceae. Même si ce nom est toujours usité, il n’est pas adéquat.
– Poaceae : nom de la famille donné par le botaniste américain John Hendley Barnhart en 1895 ; nom issu du grec ancien ‘poa’ désignant l’herbe, le fourrage. Cette famille était autrefois une des tribus des graminées, Poeae, établie en 1814 par  le botaniste écossais Robert Brown (un des premiers à utiliser un microscope afin de déterminer plus précisément les critères de classification des plantes).
– 竹 pictogramme chinois et japonais des bambous en général, donc de la sous-famille Bambusoideae. Ce pictogramme signifie ‘herbe qui pousse en hiver’, il représente deux tiges de bambous avec des feuilles.
En japonais, ce kanji se prononce tâke, et en chinois chiku.
– Bambou : du nom bambu donné par les Portugais, nom issu du malais mambu ; certains pensent que ce nom viendrait du bruit que fait un bambou en éclatant sous la pression du feu.
– Noms usurpés :
. Bégonia bambou ou tamaya : Begonia maculata de la famille des Begoniaceae développe des tiges aux nœuds renflés comme les bambous.
. Bambou sacré : Nandina domestica de la famille des Berberidaceae ne ressemble pas aux bambous, mais cette usurpation viendrait de son kanji chinois 天竹.
. Lucky bambou, bambou porte-bonheur : Dracaena sanderiana de la famille des Asparagaceae développe des tiges semblables à celles des bambous.

Habitat

Selon l’espèce, ils se plaisent mieux au soleil ou à l’ombre, sur des sols riches, frais et souples, et bien drainés, mais certains bambous produisent des canaux aérifères dans leurs tiges souterraines leur permettant de s’installer dans des sols saturés d’eau (Arundinaria tecta, Phyllostachys heteroclada, Phyllostachys atrovaginata…). En 2020, des chercheurs ont décrit un bambou originaire du Laos capable de stocker de l’eau dans ses tissus pendant un certain temps comme le ferait une succulente ; ils ont créé un genre monospécifique sous le nom de Laobambos calcareus, c’est une exception.
Ils sont généralement sensibles au froid et à la sécheresse, mais ils résistent bien à la neige sous laquelle ils ploient sans se briser. Certaines espèces tolèrent des gels de –18 à -20°C.
D’autres espèces n’ont pas peur de l’altitude et se développent jusqu’à 4 000m en Himalaya.
En France, du nord au sud, pour cultiver des bambous de 3 à 20/25 m, il faut opter pour la tribu Arundiniareae : les plus grands du genre Phyllostachys, sont des bambous traçants pouvant atteindre leur grande hauteur dans le Sud. Plusieurs bambous poussant en touffes se développent aussi facilement, le bambou mexicain du genre Otatea est particulièrement décoratif avec son port retombant, mais les plus grands du genre Dendrocalamus et certaines espèces moyennes de Chusquea supportent peu le gel, et sont surtout visibles au sud-est.

Otatea sp. – Val Rahmeh à Menton

Caractéristiques

– Tiges souterraines : les rhizomes
Le rhizome est une tige souterraine considérée comme ‘le cœur’ du bambou, car de lui tout se développe. En sous-sol, de 30 à 60 cm de profondeur, les bambous développent durant l’été des rhizomes segmentés, ponctués de nœuds (comme le chaume) à partir desquels des bourgeons sont succeptibles de se développer en une tige aérienne ou en un autre rhizome ; des racines poussent aussi à partir des noeuds. Si les rhizomes jouent un rôle de stockage de réserve, chez les bambous, ils participent surtout à la propagation ; les réserves d’énergie seraient principalement fournies et stockées dans les chaumes de plus d’un an grâce à la photosynthèse. Durant leur croissance, chaque entre-nœud est protégé par une gaine, tout comme le chaume, mais à la différence de ce dernier l’entre-nœud d’un rhizome est plein.
Il existe différents types de rhizomes :
. Les rhizomes traçants, leptomorphes, sont fins, ils ont une croissance monopodiale (à partir du bourgeon terminal), les bourgeons latéraux se développent en un autre rhizome ou en une tige aérienne. Généralement, ce sont des bambous de climats tempérés. Le rhizome peut se développer de plusieurs mètres en une seule année, il lui arrive de faire une petite sortie aérienne.

Tiges souterraines du bambou
Rhizomes leptomorphes - Chikurin Park
Chikurin Park

. Les rhizomes cespiteux (tubéreux), pachymorphes, poussent en touffes compactes. Ils ont une croissance sympodiale, le bourgeon terminal développe une nouvelle tige, les bourgeons latéraux sur un court entre-nœud développent des rhizomes épais qui à leur tour produisent une tige aérienne et des bourgeons latéraux.
Généralement, ce sont des bambous de climats tropicaux, en France les cespiteux de grande taille du genre Dendrocalamus et de taille plus modeste comme l’Otatea ou les Chusquea ne poussent timidement que dans la région avoisinante de Menton, les genres Fargesia, Thamnocalamus, Yushania… de tailles petites ou moyennes sont beaucoup plus adaptés au froid.

Rhizome ttubéreux), pachymorphes de bambous
Bambou cespiteux - Dendrocalamus asper au Val Rahmeh à Menton

. Certaines espèces cespiteuses ont des entre-nœuds courts, d’autres des longs, ces derniers poussent toujours en touffes mais de manière plus espacée, appelée ‘mode de croissance diffus’.
. Les rhizomes amphipodiaux, amphimorphes : certains rares bambous, généralement de la tribu des Bambusea, développent les deux types de rhizomes : des traçants dont certains bourgeons se développent en rhizomes cespiteux.
– Racines fines, fibreuses et fasciculées (faisceaux). Elles se développent à l’automne. Il existe deux types de racines :
. Les racines assimilatrices sont reliées aux nœuds du rhizome, elles vont chercher en profondeur l’eau et les éléments nutritifs.
. Les racines d’amarrage ancrent au sol le chaume à partir de sa base, le col, elles sont d’ailleurs souvent visibles.
Exceptions : Chimonobambusa quadrangularis étonne par ses racines aériennes qui se développent au niveau des nœuds des chaumes, cela peut être aussi le cas des bambous du genre Bambusa.
– Chaume, canne
Les bambous produisent leurs chaumes (cannes, tiges) de la fin de l’hiver à la fin du printemps selon l’espèce de climat tempéré, et de l’été à l’automne pour les tropicaux ; les espèces du genre Fargesia produisent des tiges à la fin du printemps mais aussi en début d’automne en quantité moindre.
Les tiges appelées chaumes sont cylindriques ou semi-cylindriques ( Phyllostachys), mais il existe aussi un bambou à tige carrée d’où son nom Chimonobambusa quadrangularis.
. Turion
En sous-sol, le bourgeon à vocation aérienne se développe en un ‘bébé’ bambou appelé turion. À maturité, le turion est constitué de tous les nœuds du chaume empilés ; à chaque nœud, se trouve un tissu de croissance (près du bourgeon), un méristème intercalaire, qui lui permettra de développer l’entre-nœud, c’est la croissance nodale. (le méristème est un tissu cellulaire indifférencié contenant des cellules souches, il est spécialisé dans la croissance).

Chikurin Park
Turions au Musée du bambou à Kyoto

. Gaine caulinaire (se développe sur une tige)
À sa sortie du sol, le turion semble entourer d’écailles alternées, les gaines représentant autant d’entre-nœuds à venir ; chaque gaine est fendue, elle protège un futur entre-nœud et un bourgeon feuillé ; du point de vue anatomique, cette gaine serait en fait une branche modifiée.
La gaine ressemble à une sorte de feuille au limbe imparfait ; le limbe (tissu végétal apte à capter l’énergie lumineuse) est dit ‘imparfait’ car il ne se développe qu’au sommet de la gaine ; selon l’espèce, le limbe est principalement linéaire, parfois triangulaire, dressé ou pendant ; la base du limbe peut porter (ou pas) des oreillettes, des ligules (languettes membraneuses), ou/et de longues soies.
La gaine est généralement rapidement caduque (Phyllostachys), mais certains bambous ont parfois des gaines persistantes en partie (Pseudosasa, Otatea, Cephalostachyum, Melocanna…).
La gaine laisse souvent son empreinte au niveau du noeud après qu’elle soit tombée.
La gaine est un critère d’identification, elle est bien différente selon l’espèce, que ce soit en taille, longueur et largeur, en teinte, beige clair ou foncé, blanchâtre ou verdâtre, striée, mouchetée, de texture glabre ou poilue…

Bambusa vulgaris var. vittata – Val Rahmeh à Menton
Phyllostachys bambusoides - Bambouseraie d'Anduze (30)

Sur certains bambous (particulièrement du genre Phyllostachys), apparaît autour de la cicatrice de la gaine (surtout sur le dessous) un dépôt poudreux blanc ou blanc-bleuté, une couche cireuse, une pruine, persistante quelques mois, elle a un rôle de protection contre la chaleur et les attaques de parasites ; selon l’espèce, la pruine peut même recouvrir l’entièreté des entre-nœuds rendant le jeune chaume très esthétique (Phyllostachys glauca…). Cette poudre blanche, avec l’âge, peut persister et changer de couleur du jaune au brun.

La gaine peut entourer fortement le bourgeon feuillé, et lors de la croissance de l’entre-nœud encore très tendre, le bourgeon imprime son empreinte, un sillon, tout le long de l’entre-noeud (Phyllostachys…) ; les bourgeons étant positionnés alternativement, les empreintes le sont aussi, et pour certaines espèces ou variétés prennent une couleur différente du chaume. Pour d’autres bambous, l’empreinte n’est pas fortement imprimée, en revanche des stries de couleur différente peuvent apparaître.

Phyllostachys bambusoides var. castillonis inversa
Phyllostachys edulis var. nabeshimana

. Entre-nœuds, mérithalles
Les chaumes sont segmentés, formés d’entre-nœuds lignifiés, généralement creux (fistulés), seuls les nœuds sont pleins, mais cette paroi nodable n’est pas très solide, toutefois elle assure la stabilité du chaume. Les nœuds souvent proéminents sur l’extérieur portent les bourgeons développant les feuilles et les fleurs.
Les chaumes de certaines espèces sont pleins d’une moelle qui finit par se résorber pour la majorité, toutefois certaines conservent des chaumes pleins, tels Phyllostachys nidularia f. farcta, les Chusquea… mais ce n’est pas très courant, et parfois cela dépend des conditions environnementales.
Le méristème intercalaire laisse souvent une empreinte (crête nodale) au niveau du nœud du chaume, tout comme la gaine qui le protège.

Bambous
Bambusa vulgaris var. vittata

Ètant déjà programmée dans le turion, la croissance d’un chaume est ultra rapide, les entre-noeuds s’allongent comme le fait une canne téléscopique, un record de 1m21 pour Madake, Phyllostachys bambusoides a été répertorié ! À la Bambouseraie d’Anduze, chaque année on peut admirer des turions qui croissent de 40cm en 24h, et même jusqu’à 1m en 24h. Cette croissance ultra-rapide est obtenue grâce aux matières organiques accumulées dans le système souterrain et aux chaumes déjà développés qui y participent par leur photosynthèse. Les entre-nœuds sont plus ou moins longs, jusqu’à 70cm au maximum pour Bambusa textilis.
En revanche, le bambou n’a pas de croissance secondaire, et reste au diamètre avec lequel il est apparu, et cela dépend de l’espèce, les plus gros diamètres atteignent 30 cm (Dendrocalamus giganteus).
Étant empilés les uns dans les autres, comme des poupées russes, les entre-nœuds d’un chaume sont toutefois de moins en moins en gros au fil de leur développement.
Une fois la hauteur atteinte en une seule saison, le bambou ne grandira ni ne grossira au cours de sa vie de 5 à 7 ans, maxi 10/15 ans selon l’espèce.
Un chaume développe la taille maximale de son espèce quand son rhizome est mature et suffisamment bien installé ; une bambouseraie atteint sa maturité en 8 à 12 ans.

Phyllostachys bambusoides – Bambouseraie d’Anduze (Gard)

Les entre-nœuds de la base sont souvent assez courts (stabilité accrue). Certains bambous ont sur leur partie basse des entre-noeuds en zig-zag, d’autres ventrus (Bambusa ventricosa, ventre de Bouddha), d’autres en écailles de tortue (Phyllostachys edulis var. heterocycla).

Phyllostachys sp.
Phyllostachys bambusoides var. aurea

. Les variations de taille des chaumes sont impressionnantes entre les espèces, les tropicaux se retrouvent aux extrèmes avec les 1 à 2cm du plus petit bambou connu, endémique de Guyane française, Radiella vanessae, aux plus hautes tiges de 35 à 37m avec un diamètre de 30cm pour le bambou dragon d’Asie du Sud-Est, Dendrocalamus giganteus. Pour les bambous tempérés, les hauteurs vont de 10 à 50cm pour le japonais Pleioblastus disctichus (Pleioblastus pygmeus var. distichus) aux plus grands tel Phyllostachys edulis, bambou Moso de Chine, qui dans son pays d’origine atteint 28m, mais en France il ne s’élève qu’à 23m.
Certains bambous de tailles moyennes ressemblent à la canne de provence et à la canne à sucre, cette dernière se distinguant par une tige pleine dont on extrait le sucre.

Arundo donax, canne de Provence - Jardin botanique de Nice (06)
Saccharum officinarum, canne à sucre - Jardin botanique de Nice (06)

Selon l’espèce, les chaumes petits ou grands arborent un port bien droit ou plus ou moins arqué.
Les chaumes sont lisses, ils peuvent être pubescents (poilus) à l’émergence, certaines rares espèces présentent une paroi épineuse tel Bambusa bambos, l’espèce type des Bambusa, ou encore Bambusa arundinacea, Bambusa spinosa… Les branches des espèces aux chaumes épineux peuvent aussi être épineuses, elles sont utilisées en haie défensive.
Les chaumes sont souvent de couleur verte à vert bleuté à l’émergence, mais avec le temps ils prennent la couleur caractéristique de l’espèce, puis lors de leur déclin ils deviennent jaune paille ou jaune brun. Les chaumes bleutés à bleu vif sont très attrayants tels le bambou des tisserands Bambusa textilis ou le ‘blue dragon bamboo’ Yushania papyrifera, d’autres plus rares sont marron-rouge ou violets. Yushania fungosa (ex Fargesia albocerea ‘black’) récemment découvert en Chine (2011) se distingue par des turions bleus, et des chaumes rougeâtres devenant noirs.

Phyllostachys makinoi
Phyllostachys nigra
Différents chaumes au Chikurin Park de Kyoto

. Anomalie
Un chaume de bambou ne se ramifie jamais, mais bien sûr en botanique il existe toujours des exceptions. Au sud-ouest de Kyoto, on peut visiter un parc de bambous très intéressant (et calme !), le Chikurin Park, et découvrir un chaume qui se ramifie !

Bambou ramifié
Anomalie à Chikurin Park

– Feuilles
Enfin libérés de leur gaine, les bourgeons des nœuds ayant suffisamment accès à la lumière peuvent alors développer leurs feuilles ; celles des bambous arborescents, par manque de lumière, n’apparaissent qu’à mi-hauteur du chaume.
Les bourgeons produisent des ramifications, des rameaux (branches) creux, porteurs de nœuds d’où se développent en alternance de petites tiges, des ramuscules porteurs de 2 à 9 feuilles distiques (sur un même plan et en rangées face à face) ; les bambous dits nains ont de nombreuses feuilles réparties de part et d’autre du petit chaume.
Le nombre de branches est un critère d’identification, ex : 1 pour Sasa, Pseudosasa – 2 (ou une 3ème petite) pour Phyllostachys – 4 à 5 pour Arundinaria et Fargesia…

La partie inférieure de la feuille est engainante autour du ramuscule, cette gaine foliaire (pétiole dont la base s’est dilatée) est plus ou moins fendue, elle se termine par une ligule (expansion membraneuse), 2 petites oreillettes, et parfois des soies, puis se développe un pseudopétiole (sorte de mini tige) porteur du limbe, un tissu végétal caractéristique des monocotylédones avec une nervure médiane parallalèle et des secondaires parallèles, certaines espèces présentent des nervures tertiaires horizontales, on les dit tesselées.
Leur taille plus ou moins longue et large dépend de l’espèce ; leur forme est longitudinale, lancéolée, ou oblongue, il existe même des bambous à feuille triangulaire dont la base est plus large ; leur pointe est plus ou moins effilée selon l’espèce, et la base arrondie. Certaines espèces ont des feuilles au bord ondulé, d’autres ont un port pleureur. Il arrive chez certaines espèces que les feuilles juvéniles soient plus grandes que les adultes.

Bambous
Bambusa vulgaris var. vittata
Bambous
Sasa sp.

Généralement vertes, il existe des espèces au feuillage plus ou moins panaché de blanc ou de jaune, et des espèces aux feuilles plutôt argentées/grisâtres.

Feuilles panachées de bambous
Bambusa multiplex f. variegata
Feuilles panachées de bambous
Pleioblastus sp.

Persistantes, les feuilles se renouvellent toutefois en partie au printemps et parfois aussi à l’automne, la durée de vie d’une feuille de bambou tempéré est de 1 à 2 ans selon l’âge du chaume, et de 2 à 5 ans pour les tropicaux ; le bambou nain Pleioblastus pygmeus est un des rares bambous dont les feuilles sont majoritairement caduques.
Les feuilles sont un excellent paillage naturel.
– Floraison
Elle intervient très tardivement chez les bambous, avec une moyenne de maturité sexuelle de 30 à 60 ans, et jusqu’à 100 à 120 ans (Fargesia), et 120 à 130 ans pour Phyllostachys bambusoides.
Le cycle de floraison ne dépend pas du genre mais de l’espèce. Généralement elle se produit à la fin de l’hiver et au printemps.
Les chaumes des espèces des tribus Bambuseae et Arundinarieae ne fleurissent qu’une fois dans leur vie avant de mourir (monocarpique), et ce tous ensemble pour une espèce de même lignée ; si la  floraison concerne seulement quelques chaumes, on la dit sporadique, ce phénomène annonciateur peut s’étaler sur quelques années, mais au bout d’un certain temps, tous les chaumes se mettent à fleurir. Pour les bambous à floraison grégaire, la simultanéité mondiale de floraison d’une même espèce serait due à des informations génétiques propres à chaque espèce, et particulièrement pour les peuplements issus d’un même souche clonale. Certaines conditions environnementales (stress hydrique ou mécanique) peuvent aussi pousser certains bambous à fleurir sporadiquement, ou à ne pas fleurir localement alors que l’espèce fleurit ailleurs.
Il a été constaté que certaines espèces ayant fleuri ont développé des chaumes chétifs à partir de nouveaux rhizomes, ces chaumes se développant après la floraison échapperont à la disparition, ce phénomène est appelé le rajeunissement asexué.
Certaines rares espèces ne fleurissent que sporadiquement sans jamais entraîner de floraison grégaire, c’est le cas par exemple de Bambusa vulgaris, Phyllostachys elegans…
Si la mort du bambou après floraison peut nous étonner, elle est pourtant un phénomène courant chez toutes les graminées dont la durée de vie est généralement annuelle.
La tribu herbacée des Olyreae fleurit annuellement ou de façon saisonnière.
La floraison des bambous n’est pas sans conséquence pour les pandas dont c’est à 99% la nourriture ; cela provoque aussi une explosion de rongeurs, c’est pourquoi en Asie, la floraison du bambou est considérée comme une malédiction provoquant la famine.
. Inflorescences
Les fleurs sont regroupées en grappes : des inflorescences de couleur assez pâle, souvent de tailles assez petites, mais il existe des genres à grandes inflorescences. Les inflorescences  peuvent être protégées par une 1ère bractée, prophylle, et d’une gaine bractée qui chez certains genres peut être très réduite ; les inflorescences des bambous tropicaux asiatiques sont généralement protégées par des bractées, d’autres genres n’en développent pas.
Elles se développent à l’aisselle des feuilles de tiges jeunes ou âgées, elles sont très différentes selon le genre : en épi simple, un racème portant en alternance sur la tige (rachis) des épillets sessiles (sans tige), ou en panicule portant plusieurs épillets pédicellés.
. Fleurs, fleurons
Les fleurs sont petites au point que les scientifiques les observent sous microscope.
Chaque fleur est protégée par deux glumelles, des sortes de bractéoles (petites bractées) assimilées à des sépales : la lemme (lemma) avec une arête est positionnée sur le rachillet, et la paléole (palea) sur l’axe floral ; l’ensemble fleur et glumelles forment un fleuron.
Les fleurons sont regroupés en alternance sur la tige, ils forment un épillet dont la tige est nommée rachillet (rachilla).
La base des épillets est protégée par des bractées (feuilles modifiées), des glumes, mais certains n’en ont pas. Certains épillets développent des ramifications à partir de bourgeons basaux, on parle alors de pseudo-épillets.
Les fleurs sont sessiles ; elles sont réduites aux plus simples éléments, pas de calice (asépales), pas de pétales (apétales).
À la base de l’ovaire se trouvent généralement 3 écailles membraneuses appelées lodicules, assimilées aux pétales. Les lodicules, quoique petites, jouent un rôle important puisqu’à maturité des organes sexués, elles se gonflent repoussant ainsi les glumelles, ce qui permet aux organes sexués de se développer, puis elles reprennent leur forme normale et les glumelles reviennent protéger l’ovaire ; toutefois certains genres ne présentent pas de lodicules.
Les espèces des tribus Bambuseae et Arundinarieae ont des fleurs hermaphrodites (bisexuées), l’épillet peut porter des fleurs hermaphrodites, unisexuées et stériles ; la tribu herbacée des Olyreae a des fleurs unisexuées.
Généralement, la fleur de bambou développe de 3 étamines (organes mâles) à 2 verticilles de 3 selon le genre, mais parfois une seule étamine ou beaucoup plus, c’est d’ailleurs un critère d’identification. Le filet de l’étamine est long, et à maturité pend aux vents.
L’unique pistil (organe femelle) est à une seule loge (3 carpelles soudés) ; l’ovaire à un  seul ovule est supère (au-dessus des organes sexués). Le pistil se termine généralement par 3 stigmates plumeux (partie réceptrice de pollen).
Pollinisation anémophile (vent), croisée (allogamie) ; les organes mâles sont matures avant les femelles (protandrie).
– Fruit
Généralement, le fruit est un caryopse sec : la graine n’est pas soudée aux parois de l’ovaire, elle est entourée des glumelles persistantes ; certaines rares espèces développent un caryopse charnu, Chimonobambusa marmorea, Melocanna baccifera dont le nom du genre fait référence à son gros fruit charnu… d’autres comme Olmeca produit des fruits ressemblant à des baies.
Les graines sont petites et ressemblent à celles des autres graminées. La fécondation et la germination naturelles sont faibles, voire négatives pour les floraisons sporadiques et annuelles.

Exemples de graines du Musée du bambou de Kyoto, Chikurin Park

– Multiplication par bouturage de rhizome pour les bambous traçants, et à partir du chaume pour les cespiteux du genre Bambusa, la division de touffes permet des implantations plus rapides. La multiplication par semis est bien sûr plus rare.
– Hybrides
Du fait de leur floraison très particulière, les bambous ont peu l’occasion de s’hybrider. Une hybridation assez connue est celle entre deux espèces du genre Fargesia, ainsi que des hybridations entre les genres d’une même tribu, Phyllostachys et Sasa qui auraient donné un nouveau genre, Hibanobambusa ou Phyllosasa dont une seule espèce serait cultivée, Hibanobambusa tranquillans f. shiroshima.
– Mutation
Kikko, le bambou écaille de tortue, est issu d’une mutation du bambou Moso, Phyllostachys edulis.

Phyllostachys edulis ‘heterocycla’ – Kikko-chiku à Chikurin Park

Utilisations

Une forêt de bambous est une bambusaie ou une bambouseraie. Un cultivateur de bambous est un bambusiculteur.
Depuis l’Antiquité, le bambou est utilisé en Asie dans tous les éléments de la vie quotidienne ; des nattes et de la vannerie ont été découvertes en Chine dans des ruines datées de 5 000 ans.
On peut tout faire avec le bambou. Su Dongpo (1036-1101), un des grands écrivains chinois, a écrit : « On peut vivre sans viande, mais pas sans bambou. L’absence de viande rend maigre, l’absence de bambou rend vulgaire».
Toutes les parties de la plante sont utiles, de plus cette ressource naturelle est durable sans épuisement, ce qui fait dire que le bambou est le couteau suisse du XXIe siècle.
Les premiers producteurs de bambous sont la Chine (principalement pour l’industrie textile) et l’Inde ; les pays africains ne sont pas en reste, et leur production tend à évoluer.

Différentes utilisations du bambou – Chikurin Park

– Matériaux
Chaque espèce propose différentes et multiples utilisations : constructions, meubles, outils agricoles (manche, rateau, canalisation…), vélos, petits objets, vaisselle jetable, artisanat en vannerie, éventails, musique (flûtes et tambours, il existerait à Manille un orgue en tuyaux de bambou âgé de 150 ans), pâte à papier, vêtements…
Le bambou moso, Phyllostachys edulis (ex pubescens) est le bambou le plus utilisé en Asie. En Amérique latine, l’espèce Guadua angustifolia, endémique de Colombie, est plebiscitée, au point même d’être nommée ‘acier végétal’, et utilisée pour la construction de maisons ou de ponts.
. Les chaumes commencent à se lignifier durant leur deuxième et troisième année. Ils atteignent leur maturité vers l’âge de 3 à 5 ans, le ‘bois’ est alors très résistant, il est riche en silice. Les chaumes âgés de 1 an sont riches en cellulose.
Afin d’obtenir les meilleurs qualités de ‘bois’, il est conseillé de récolter les tiges à l’aube ou au crépuscule, la teneur en sucre de la sève étant la plus faible ; d’après les Anciens la lune décroissante serait un moment propice.
. Architectures étonnantes :
En Inde, l’aéroport international Kempegowda. À voir.
Le Vietnam, pays riche en bambous, offre une des plus impressionnantes construction en bambous. À voir.
En Colombie, l’architecte Simon Vélez ‘veut renouer avec le végétal’. À voir.
En France, parmi d’autres bâtiments, la gare SNCF écodurable de Nîmes Pont-du-Gard est construite en partie avec des bambous fournis par la Bambouseraie d’Anduze. À voir.
. Échafaudages :
En Asie, le chaume entier est utilisé pour des échafaudages dont la structure est époustouflante, et surtout très sécure ; un câble en bambou a une résistance de traction de 2 000 kilos par centimètre carré !
Si l’utilisation du bambou comme échafaudage a été décriée pour son inflammabilité, c’est le seul matériau résistant aux tremblements de terre. En Asie, les espèces Bambusa pervariabilis et Phyllostachys edulis sont particulièrement utilisées.
. Haies : les chaumes secs de tailles petites et moyennes permettent la fabrication de diverses haies très décoratives.

Haies en bambous secs
Rakusai, parc forestier de bambous de la ville de Kyoto

. Bois imputrescible, les chaumes servent de canalisations, de radeaux…
. Au Japon, les meilleurs ustensiles pour la cérémonie du thé sont en lamelles de bambou. La vaisselle jetable, ou pas, fait appel au bambou, ne serait-ce que pour l’utilisation des baguettes.
. En 1880, Thomas Edison à la recherche du meilleur filament pour ses ampoules à incandescence s’intéressa aux filaments de bambou (particulièrement du Phyllostachys bambusoides de Yawata près de Kyoto) qui offrirent une des plus importantes durée de combustion (1 200h). Les exportations de bambous du Japon, et plus particulièrement de Kyoto, furent alors prospères. Les Japonais furent reconnaissants, c’est pourquoi une statue d’Edison fut installée dans le sanctuaire Iwashimizu Hachimangu.

Illustration du filament en bambou de Thomas Edison à Chikurin Park

. Alexandre Graham Bell (1847-1922) utilisa une fibre de bambou pour sa première pointe de lecture pour tourne-disque.
. Textile : si le bambou est ‘la’ plante la plus écologique, sa transformation en textile est toutefois chimique afin de pouvoir utiliser ses fibres rèches, toutefois cette industrie est plus écologique que l’industrie du coton. Bambusa textilis est réputé pour ses fibres.
. Le rhizome aussi est utilisé pour fabriquer des cannes, des pipes, divers objets… Avec les racines, des cordons et des brosses sont confectionnés.
. Les feuilles servent d’emballage de produits alimentaires tels les sushis, les mochi… ou comme plats de service…
. Rameaux feuillés : toits de chaume – clôtures – artisanat : paniers, chapeaux, sandales…
. Charbon de bois aux propriétés désodorisantes : il est dit qu’un ours, avant d’aller chasser, mange des feuilles de bambou afin d’éliminer son odeur corporelle ; d’ailleurs les excréments de panda seraient inodores. Il est vendu des sacs purificateurs d’air au charbon actif de bambou ; le charbon est obtenu à partir de chaumes carbonisés.
– Alimentaire
. Les jeunes pousses, les turions encore tendres sont consommés cuits peu après leur apparition ; l’espèce edulis (son nom signifie nourriture) est la plus utilisée pour sa grosseur pouvant aller jusqu’à 18 cm, et surtout pour son goût qui lui confère la réputation de ‘roi des délices printaniers’, Dendrocalamus asper est aussi plebiscité en Asie du Sud-Est, mais la majorité des bambous est comestible après préparation, à moins d’avoir une machoire et un estomac de panda dont c’est la nourriture essentielle à raison de 30 à 50 kg de bambous par jour.
. Les graines et les fibres du chaume fournissent de la farine. Les gaines servent d’emballage.
. Avec les feuilles de Dendrocalamus latiflorus on élabore un vin, avec Oxytenthera abyssinicaun on obtient de l’alcool à partir de la sève. Bière et thé à base de bambous sont appréciés.
. En Afrique, on favorise l’implantation de la chenille Omphisafuscidentalis dans les gaines à la base des chaumes de Dendrocalamus ou de Bambusa…, les grosses larves sont récoltées dix mois plus tard, puis grillées et vendues.
. Les feuilles larges servent d’emballage pour la cuisson à la vapeur et dégagent de bons aromates. Les feuilles de Sasa tessalata désodorisent l’huile de poisson.
. Le feuillage des petites espèces sert de pâturage au bétail, les plus grandes font office de plantes fourragères.
– Médicinales
Les feuilles ont des propriétés antibactériennes, cicratisantes, diurétiques, anti-inflammatoires, anti-vieillissement, anti-diabétiques…
. Le tabachir ou tabashir est un exsudat produit à l’intérieur de la tige au niveau des noeuds, il est surtout riche en silice et en eau, et donc bénéfique pour les os et les articulations. En son temps, Dioscoride (40-90) en faisait déjà état. Tous les bambous n’en produisent pas.
. L’extraction des feuilles donne une sève utilisée dans la fabrication de shampooing, de dentifrice et de médicaments (antioxydant).
. La tisane de feuilles riches en silice est conseillée pour les cheveux et les ongles.
– Ècologie
Écologiquement, le bambou est considéré comme la plante de l’avenir.
. Une forêt de bambous est une niche écologique abritant de nombreux habitants. Elle fixe plus de CO2 qu’une forêt de feuillus, et donc libère plus d’oxygène. C’est un bon dépolluant.
Ses rhizomes limitent l’érosion des sols. Les racines et les feuilles sont un bon apport fertile.
L’empreinte carbone de l’utilisation de son bois pour la construction est la plus faible de tous les matériaux, y compris le bois des arbres.
. Des chercheurs chinois ont mis au point la fabrication d’un verre à base de bambou qui pourrait diminuer l’impact écologique de la production de verre très énergivore.
. Un plastique non polluant, dégradable en 50 jours dans le sol a été mis au point à partir de fibres de bambous par une équipe de chercheurs chinois. Ce nouveau procédé pourra t-il remplacer le pétrole ?
– Artistiques
. L’artisanat asiatique développe différents objets avec ce matériau, bois, rameaux feuillés, rhizomes (à voir les étonnantes sculptures vietnamiennes).

Maquette de train en bambou à Chikurin Park

. Depuis toujours, le bambou inspire les peintres, les calligraphes, et les poètes ; il représente l’élégance et la pureté.
Les calligraphes et les amateurs de sumi.e (peinture à l’encre) apprécient particulièrement la représentation du bambou pour ses chaumes et ses feuilles graphiques sous les traits du pinceau en bambou !

Peinture de Beppe Mokuza Signoritti - https://www.sumi-e.it/fr/fr-beppe-mokuza/

– Environnements : Brise-vent – haies défensives.
– Ornementales
Un bambou cespiteux est moins invasif, mais dans nos régions françaises on ne peut acclimater que des espèces de tailles moyennes, et seuls les bambous traçants offrent de grandes tailles ; en France c’est surtout le genre Phyllostachys qui est représenté.
La beauté des chaumes est indéniable, Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’ a d’ailleurs reçu un Award of Garden Merit par la Royal Horticulture Society pour ses qualités ornementales.

Bambous
Phyllostachys aureosulcata 'Spectabilis' - Temple de la Gendronnière à Valaire (41)

Afin de maintenir une belle forêt de bambous, il est conseillé de marquer les chaumes à la naissance d’une tache de couleur à la base, ce repère donne le calendrier de coupe que ce soit pour l’utilisation du bois ou pour la régénération.
Plante invasive, elle est redoutée, et pourtant il suffit de bien choisir son bambou par rapport à l’espace aloué.
Il y a toutefois des solutions pour maintenir un bambou traçant en pleine terre : la plus onéreuse est d’installer une barrière anti-rhizome qui peut être efficace afin d’éviter les disputes de voisinage ; si on a vraiment de la place, il n’y a aucun problème pour le limiter, il suffit de faucher (tondre) toutes les pousses indésirables, et ce sur une distance moyenne de 2,50m ; les couper pour les manger est la manière la plus agréable de les limiter.

Bambous envahissants
Phyllostachys sulfurea au Val Rahmeh à Menton

Afin d’éviter la problèmatique de la floraison, il est utile de planter différentes espèces.
Certaines espèces naines peuvent remplacer le gazon, mais ce n’est pas très agréable de s’y prélasser ; on peut les tondre ou les laisser comme couvre-sol. Les petits bambous acceptent bien la taille.

Anecdotes

– Le 18 septembre est la journée internationale du bambou.
– Symboles
. En Asie, et particulièrement en Chine et à Taïwan, le bambou symbolise l’élégance et le raffinement, l’intégrité et l’humilité. Il est considéré comm un des ‘Quatre gentilshommes des fleurs’ avec le prunier, l’orchidée et le chrysanthème, et comme l’un des ‘Trois Amis de l’hiver’ avec le pin et le prunier.
C’est un symbole de pérennité et de résistance puisque le bambou ploie mais ne se brise pas. Son cœur vide (chaume creux) représente l’origine de toutes choses.
. Proverbe hakka (ethnie chinoise) : « Le bambou se travaille mieux jeune, et les enfants apprennent mieux jeunes ».
. Autrefois bâtons de voyage, les bambous gravés par les Kanaks (Nouvelle-Calédonie) racontent aussi l’histoire de la colonisation.
. Au Japon, il symbolise la pureté et la prospérité ; c’est aussi un symbole de bon augure.
Lors du festival de Tanabata, la fête des étoiles célébrée le 7 juillet, des poèmes (haiku) ou des vœux sont écrits sur des cartes colorées – tanzaku – sur du papier traditionnel, et pendues à des branches de bambou que l’on finit par jeter dans un fleuve afin que le vœu se réalise. Désormais, écologie oblige, les cartes de voeux ne sont plus dispersées dans l’eau.

Sanctuaire Asakusa, juillet 2025

Les bambous symbolisent l’unité, le partage, le lien indéfectible avec la communauté.

Mise à jour le 25 février 2026

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