Cette espèce du genre Aesculus fait désormais partie de la famille des Sapindaceae, section Hippocastanum. C’est l’espèce type du genre.
Sud-Est de l’Europe : les pays Balkans, du nord de la Grèce jusqu’à la mer Caspienne.
Autrefois, il occupait probablement toute l’Europe mais, lors des dernières grandes glaciations, il s’est réfugié dans les Balkans, et au vu de ses grosses graines peu comestibles, son pouvoir de dissémination fut assez réduit. On retrouve sa présence en Europe au IIIe siècle d’après du pollen retrouvé par les archéo-botanistes, mais cela pose des questions car en dehors du pollen aucune autre trace n’aurait été trouvée ?
Ce serait le diplomate et botaniste flamand Ogier Ghislain de Busbecq qui l’aurait découvert et décrit lors de son séjour en tant qu’ambassadeur auprès de l’Empire Turc ; son médecin et botaniste Willem Quackelbeen aurait envoyé, en 1557, une description et un dessin d’un rameau en fruit, au médecin et botaniste italien Mathiolus qui en fit état dans des commentaires et une représentation parus en 1565.
– Charles de l’Écluse aurait planté et acclimaté le premier marronnier en Autriche en 1576, mais l’histoire se complique sur la manière dont il se l’est procuré. Certains écrits affirment que : ‘L’ambassadeur du Saint Empire Ottoman offrit un marron au responsable du jardin impérial de Vienne’, d’autres que c’est Quackelbeen qui lui aurait envoyé. Comment savoir ?
– En 1615, le botaniste parisien, François Bachelier rapporte de Constantinople (actuellement Istanbul et autrefois Byzance) un marron en France (ainsi que des anémones doubles, entre autres). Il aurait planté ce premier marronnier français à Paris dans la cour de l’hôtel de Soubise où il aurait vécu jusqu’en 1840.
– Aesculus hippocastanum L.
En 1719, Joseph Pitton de Tournefort crée le genre Hippocastanum, mais en 1737, Linné ne valide pas ce nom et le remplace par Aesculus. En 1753, Linné attribue au marronnier d’Inde le nom de Aesculus hippocastanum ; ce nom du genre Aesculus est renforcé dans le nom de l’espèce hippocastanum qui signifie ‘châtaigne à chevaux’, du grec ‘hippos’ – le cheval et de ‘kastanon’ – la châtaigne. En effet, d’après Charles de L’Écluse, les turcs en auraient donné, sans excès, aux chevaux qui avaient des déficiences respiratoires, confirmant ainsi les écrits de Mathiolus en 1565 .
– Mathiolus l’avait nommé Castanea equina d’où l’origine du nom vernaculaire anglophone, horse chestnut.
– Marronnier d’Inde
∙ À l’époque des grandes découvertes botaniques, on avait tendance à penser que tout ce qui arrivait en Europe par les bateaux de la Compagnie des Indes, était originaire d’Inde. C’est certainement pourquoi Aesculus hippocastanum a été nommé à tort marronnier d’Inde, en 1581, par Charles de l’Écluse. Plus tard, on chercha en premier ses origines en Inde, mais sans succès ; ce serait le géologue John Hawkins qui, en 1790, découvrit la véritable origine de cet arbre lors d’un voyage en Grèce.
∙ D’autre part, Charles de l’Écluse probablement influencé par le nom donné par Mathiolus, et trouvant une ressemblance du fruit du marronnier avec le fruit de la châtaigne (appelée marron et introduite beaucoup plus tôt), il lui donna le même nom de ‘marron’ ce qui entraîna une vaste confusion entre ces deux genres différents, confusion qui perdure!
– Marronnier blanc en référence à la couleur de son bois.
Le marronnier apprécie un emplacement ensoleillé. Il prospère dans un sol riche, frais, drainé, avec peu de calcaire. Sa tolérance au gel atteint les -20°C. Il souffre de la sécheresse et de la pollution.
– Sa longévité peut atteindre 200 ans.
– Cet arbre de 15 à 20 m, peut s’élever jusqu’à 30 m ; son tronc est droit, son port largement étalé, son écorce brun rouge ou grise s’exfolie par plaques.
– La racine primaire est pivotante.
– Le marronnier supporte de fortes tailles et se régénère facilement grâce à ses bourgeons épicormiques (bourgeon latent repoussé à la périphérie lors de la croissance) qui peuvent se développer en rejets ou former de nombreux (excroissances ligneuses).
À la fin de l’hiver, les gros bourgeons visqueux sont prêts à éclore. C’est une plante acrotone (la plante se développe par son sommet) à croissance monopodiale (développementà partir du bourgeon terminal).
– Les grandes feuilles sont caduques, opposées, au long pétiole (axe reliant la feuille à la tige), aux (5) à 7 folioles (divisions d’une feuille composée) sessiles (directement sur un axe), dentelées, acuminées (la pointe s’amenuise fortement), vertes, aux belles couleurs jaune d’or à rousses à l’automne.
– Les inflorescences (grappes de fleurs) printanières sont en thyrses (grappes de cymes) pyramidaux composés de fleurs hermaphrodites (bisexuées), ou généralement en trimonécie (fleurs femelles, mâles et hermaphrodites). Pollinisation entomophile (insectes).
∙ Calice à 5 sépales soudés.
∙ 4 à 5 pétales libres, chiffonnés, jaune-crème taché de jaune devenant blancs tachés de rouge quand la fleur a été pollinisée, à ce moment-là, elle ne produit plus de nectar. En effet, si les insectes sont irrémédiablement attirés par la couleur jaune, ils ne semblent pas percevoir le rouge.
∙ 7 étamines (pièces florales mâles) incurvées, deux fois plus grandes que les pétales.
∙ Pistil à 3 carpelles (loges).
– Les fruits sont en bogue verte, globuleuse, épineuse, à paroi épaisse, contenant une ou deux grosses graines marron brillant avec une assez grosse tache blanche – le hyle (endroit où le funicule était raccordé à l’ovule), mûrs à l’automne. Dissémination barochore (gravité).
– Contrairement aux châtaigniers – Castanea sativa, ses graines plus grosses ne sont pas comestibles car toxiques.
– Cultivar
En 1822, un cultivar à fleurs doubles a été créé à Genève par Auguste-Napoléon Baumann. En plus de la longue floraison de ses grands thyrses et de sa grande résistance aux champignons et aux insectes comme la mineuse, un de ses grands intérêts ornementaux pour l’humain est l’absence de fruits.
– Hybrides, et pour exemple : Aesculus x carnea issu de Aesculus hippocastanum avec Aesculus pavia.
– Médicinales : maladies pulmonaires – hémorroïdes – système veineux… Une tradition populaire conseille de mettre des marrons sous son matelas ou dans ses poches pour lutter contre l’arthrose et les rhumatismes.
– Écologie : les cervidés et les écureuils sont capables de les consommer en détruisant les toxines contenues dans la graine.
– Le bois blanc (d’où son nom) n’est pas de bonne qualité et il est utilisé pour fabriquer de petites choses tels des caisses, des piquets ou des petits jouets…
– Pendant la guerre de 1940-1945, on récolta dans Paris des marrons pour fabriquer un succédané de savon.
– Dans les armoires, le marron est un bon insecticide contre les mites.
– Lors de la création, en 1612, du jardin du Luxembourg à Paris, Marie de Médicis fit planter de nombreux ormes – Ulmus, venant des forêts d’Orléans ; à la moitié du XVIIe siècle, les ormes furent remplacés peu à peu par des marronniers à la croissance plus rapide. Mais le monde change et, en 2017, les marronniers attaqués par la mineuse des marronniers ont commencé d’être abattus. Les 244 arbres existants dans le jardin devraient tous disparaître au plus tard en 2021 et seront remplacés par des chênes chevelus – Quercus cerris, des Ginkgo et des féviers d’Amérique – Gleditsia triacanthos.
– Le marronnier du 20 mars : au début du XIXe siècle, les Parisiens eurent un élan de retour à la nature. Ils s’émerveillaient chaque année de l’éclosion des feuilles d’un marronnier au Jardin des Tuileries. Ils constataient que cela se produisait chaque année vers le 20 mars, jour de l’anniversaire de Napoléon II. Les journalistes relataient ce fait divers de manière récurrente, c’est pourquoi dans le journalisme, on donna le nom de ‘marronnier’ à un article anodin et récurrent.
– En Suisse, aussi, on s’intéresse de très près au marronnier. C’est Marc-Louis Rigaud qui, en 1808 à Genève, commença de noter la date de développement des premiers bourgeons d’un marronnier sur la promenade de La Treille. Depuis 1818, le gouvernement chargea le sautier – le gardien de la Maison de ville, de noter scrupuleusement la date d’éclosion. Chaque sautier eut son marronnier de prédilection. À l’heure actuelle, le sautier est le secrétaire et directeur du service du Grand Conseil et il est toujours chargé de noter la date d’éclosion des bourgeons d’un marronnier officiel à La Treille. L’éclosion de la première feuille est signalée à la presse qui annonce ainsi l’arrivée du printemps. Pendant 17 ans, jusqu’en 2016, ce fut le Grand Conseil Maria Anna Hutter qui fut chargée de ce relevé ; depuis 2017, le sautier est le romancier Laurent Koelliker.
– Les Britanniques ont inventé le ‘jeu de conkers‘ : chaque participant a un marron troué, attaché à une ficelle. Le but est de casser le premier le marron de l’autre en lançant le sien ! Cela amuse les enfants…
– En France, on le trouvait souvent planté dans les cours d’école car Jules Ferry en avait décidé ainsi.
Mise à jour novembre 2024.
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